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PHARE » Projets de recherche » Pensée économique et formes littéraires

Pensée économique et formes littéraires

 

Le projet « pensée économique et formes littéraires » est décliné à travers deux axes, qui explorent chacun une série de questions communes à la littérature et à l’économie. La première concerne les objets communs que s’approprient, sous des formes différentes, les théories économiques et les textes littéraires ; la seconde porte sur les problèmes méthodologiques partagés par les deux disciplines, relatifs à la traduction, la diffusion et la réception des textes, qu’ils soient économiques ou littéraires.

 

1. Théories économiques et discours littéraires 

 

Quelles relations peut-on établir entre théories et phénomènes économiques d’une part, récits de fiction et théories littéraires d’autre part ? Au-delà d’un antagonisme parfois observé voire revendiqué, théories économiques et textes littéraires ont l’ambition de représenter des réalités économiques aussi diverses que les crises et la monnaie, le travail et les besoins, les désirs et le bonheur, l’agent économique et l’organisation sociale. Sous quels rapports comparer ces discours sur des objets communs ? Le texte littéraire n’est-il que l’illustration de faits économiques ou de concepts généraux et abstraits que seule la théorie économique saurait analyser ? Ou, à l’inverse, le texte littéraire serait-il seul à pouvoir exprimer une vérité économique que l’économiste poursuivrait vainement ? On fera l’hypothèse qu’il est possible d’échapper à ce rapport d’ignorance réciproque en faisant dialoguer les épistémologies des deux disciplines, pour faire apparaître comment la spécificité de chacune permet aussi de nourrir l’autre.

 

Ce travail prendra appui sur des notions et des objets économiques à la fois identifiés et largement discutés par les théories économiques, et mises en scène dans les textes littéraires depuis le XVIIIème siècle. On comparera par exemple l’émergence et la construction de la notion d’agent, depuis le XVIIIème siècle en économie, au développement de la forme romanesque et à la notion de personnage, à travers le personnage de Robinson Crusoe ou dans la littérature qui suit les Lumières. On étudiera les relations entre le discours de l’économie politique naissante au XVIIIème siècle et les textes littéraires de Diderot, Rousseau ou Constant, sur les conceptions nouvelles de la liberté.

 

On discutera l’intérêt pour l’économiste de l’analyse critique du capitalisme présente chez les romanciers du XIXème siècle (Zola, Huysmans, Dickens), et des représentations

Pensée économique et formes littéraires

Pensée économique et formes littéraires

 

Le projet « pensée économique et formes littéraires » est décliné à travers deux axes, qui explorent chacun une série de questions communes à la littérature et à l’économie. La première concerne les objets communs que s’approprient, sous des formes différentes, les théories économiques et les textes littéraires ; la seconde porte sur les problèmes méthodologiques partagés par les deux disciplines, relatifs à la traduction, la diffusion et la réception des textes, qu’ils soient économiques ou littéraires.

 

1. Théories économiques et discours littéraires 

 

Quelles relations peut-on établir entre théories et phénomènes économiques d’une part, récits de fiction et théories littéraires d’autre part ? Au-delà d’un antagonisme parfois observé voire revendiqué, théories économiques et textes littéraires ont l’ambition de représenter des réalités économiques aussi diverses que les crises et la monnaie, le travail et les besoins, les désirs et le bonheur, l’agent économique et l’organisation sociale. Sous quels rapports comparer ces discours sur des objets communs ? Le texte littéraire n’est-il que l’illustration de faits économiques ou de concepts généraux et abstraits que seule la théorie économique saurait analyser ? Ou, à l’inverse, le texte littéraire serait-il seul à pouvoir exprimer une vérité économique que l’économiste poursuivrait vainement ? On fera l’hypothèse qu’il est possible d’échapper à ce rapport d’ignorance réciproque en faisant dialoguer les épistémologies des deux disciplines, pour faire apparaître comment la spécificité de chacune permet aussi de nourrir l’autre.

 

Ce travail prendra appui sur des notions et des objets économiques à la fois identifiés et largement discutés par les théories économiques, et mises en scène dans les textes littéraires depuis le XVIIIème siècle. On comparera par exemple l’émergence et la construction de la notion d’agent, depuis le XVIIIème siècle en économie, au développement de la forme romanesque et à la notion de personnage, à travers le personnage de Robinson Crusoe ou dans la littérature qui suit les Lumières. On étudiera les relations entre le discours de l’économie politique naissante au XVIIIème siècle et les textes littéraires de Diderot, Rousseau ou Constant, sur les conceptions nouvelles de la liberté.

 

On discutera l’intérêt pour l’économiste de l’analyse critique du capitalisme présente chez les romanciers du XIXème siècle (Zola, Huysmans, Dickens), et des représentations littéraires de la circulation monétaire dans les romans des XIXème et XXème siècle (Balzac, Gide, Dos Passos).

 

Le thème des relations entre économie et littérature est abordé depuis quelques années par des économistes, comme par des littéraires. Notre projet se caractérise par la volonté de faire dialoguer, à parts véritablement égales, économistes et spécialistes de théorie littéraire sur la question des représentations des phénomènes économiques, en allant au-delà de l’interrogation des apports de chaque discipline du point de vue de l’autre, mais en confrontant les questions propres à chacune.

 

2. Les enjeux de la traduction des œuvres économiques

 

Le second axe du projet porte sur les enjeux de la traduction des œuvres économiques, en étudiant particulièrement l’influence qu’ont pu avoir, sur les doctrines et les théories économiques, les traductions en français d’œuvres économiques étrangères réalisées à partir de 1700. Plus précisément, il s’agit d’analyser la manière dont les traductions d’écrits économiques vers la langue française, ont été adaptées aux contextes culturels français, comment elles ont donné lieu à des débats, comment elles ont suscitées un renouvellement, au sein de notre pays, dans la pensée économique dominante, etc. Le phénomène de traduction constitue en effet un phénomène complexe qui ne révèle pas seulement ce qu’un traducteur considère comme un écrit important ; plus largement, les modalités de la traduction réalisée autant que le choix des écrits traduits, donnent des indications sur l’état de la science économique française à un moment donné. Face au désintérêt des historiens de la pensée économique vis-à-vis de tout ce qui concerne l’édition – dont les traductions –, cette seconde question structurant le thème « pensée économique et formes littéraires » consiste à souligner l’importance du phénomène de traduction, qui constitue une partie de la « matière » dont se nourrit la théorie économique. Ce projet prolonge l’atelier « édition » animé par Nicolas Rieucau et AbdelKader Slifi depuis 2007. A court terme (2013), ce projet s’inscrit dans un contrat européen auquel participent 9 membres de PHARE (cf. partenariat) ; à plus long terme, il s’agira de prolonger cette réflexion, sous la forme d’un second projet européen, en élargissant la période considérée et en introduisant une perspective comparative, de sorte à analyser comment une même œuvre traduite a pu donner lieu à des interprétations diverses selon les pays considérés et avoir un impact également différent.

Informations et contact :

Opens window for sending emailClaire Pignol

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