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PHARE » Projets de recherche » Décision, Bien-être, Confiance, Engagement

Le projet "Décision, Bien-être, Confiance, Engagement" associe les compétences d’économistes et de philosophes de PHARE sur des thématiques communes aux deux disciplines allant de la décision, de ses déterminants et de l’évaluation des positions qui en résultent, vers les modalités de sa mise en œuvre à travers la question de l’engagement.

1. Décision et bien-être individuels : quelle histoire ?

        L’élaboration d’une histoire des théories de la décision et du bien-être individuels, déjà amorcée lors du précédent contrat, est poursuivie en mettant en évidence l’existence de ruptures au sein d’une trajectoire que la littérature présente couramment comme linéaire, allant vers un progrès supposé sans contrepartie qu’aurait introduit le marginalisme. Il s’agit au contraire de montrer que les représentations qui s’imposent de la naissance du marginalisme au milieu du vingtième siècle constituent une parenthèse, évidemment féconde, qui a interrompu un foisonnement analytique à l’œuvre chez plusieurs auteurs prémarginalistes, foisonnement qui se poursuit aujourd’hui dans l’ignorance de ses racines historiques. C’est cette continuité historique et les potentialités théoriques des constructions anciennes que l’on se propose ici de restituer.

2. Engagement et confiance

Confiance et engagement ont en commun d’avoir sollicité une attention pluri-disciplinaire. La présence au sein de l’unité de philosophes et d’économistes permett de confronter les points de vue sur ces notions dans une perspective historique, conduisant en particulier à s’intéresser aux philosophes et économistes du XVIIe et XVIIIe siècles. 

3. Les six opérations du projet

Le projet "Décision, Bien-être, Confiance, Engagement" combine les opérations suivantes :

[A] Mécanismes décisionnels : ceci recouvre des questions que l’on peut repérer avec l’émergence de l’utilitarisme classique avec l’œuvre de Bentham, mais également chez des auteurs antérieurs, particulièrement au sein des Lumières écossaises, tels que Hume ou Smith : le rôle des sensations de plaisir et de peine ; l'existence d'une sensibilité asymétrique ; la dépendance à la référence ; la prise en compte des probabilités dans les décisions dans le risque, etc.

 

[B] Evaluations en termes de bien-être : là encore, la tradition utilitariste a conduit à assimiler évaluation décisionnelle (une fonction d’utilité, par exemple) et évaluation positionnelle (le bien-être individuel). Cependant, les auteurs habituellement considérés comme pré ou non utilitaristes incitent à envisager la possibilité d’une divergence entre l’une et l’autre (c’est le cas, typiquement, chez David Hume) sans que cette divergence entraîne par principe une approche non welfariste. 

 

[C] Détermination morale des décisions :  ceci conduit à envisager tant les différentes variantes de l'utilitarisme que des mécanismes qui lui semblent étrangers, comme celui de la sympathie ou, chez Smith par exemple, dans le processus qui conduit d'un spectateur réel à un spectateur imaginaire, le spectateur impartial, qui se révèle susceptible d'orienter des décisions individuelles.

[D] Thomas Reid : Il s’agit d’introduire Thomas Reid dans les classiques de l’épistémologie des sciences sociales aux côtés de Hume et de Smith, en explorant les symétries et dissymétries entre le problème de la confiance dans le champ de l’action et des interactions et son interrogation sur la confiance dans les pouvoirs de l’esprit (l’appui de toutes les activités cognitives, y compris les opérations sociales de l’esprit, sur des croyances de base ; la discussion entre scepticisme et philosophie du sens commun).

[E] Confiance et contrat : Autour de la notion de confiance pratique, on entend faire se rejoindre l’histoire du contractualisme que pratiquent les historiens de la philosophie morale et politique et celle des historiens de la pensée économique, en montrant comment la variété des positions occupées notamment par Hobbes, Locke, et Hume exprime non seulement des divergences profondes au sein de la pensée contractualiste, mais aussi des solutions différentes à un même problème de la confiance interpersonnelle ou à l’égard des institutions.

[F] Faiblesse et engagement : Dans le champ de la philosophie morale et de la philosophie économique contemporaines, l’objectif de cette opération est de développer une éthique pour agents faibles, entendus comme des agents qui sont appelés à la défiance à l’égard d’eux-mêmes autant qu’à celui des autres, parce qu’ils ont des difficultés majeures de nature constitutionnelle à faire face aux exigences exprimées dans la plupart des traditions de la pensée morale. Une de ces exigences est celle d’un contrôle de soi complet et synchronique, connu sous le nom de « libre-arbitre » ou d’autonomie. Une autre exigence est celle de la cohérence avec soi-même à travers le temps. Afin d’éclairer ce que Montaigne appelle l’inconstance des actions, cette recherche emprunte des questions et des modèles à l’économie (choix intertemporel ; contrôle par anticipation, dans le sillage de Thomas Schelling et Jon Elster), à la psychologie (biais temporels – voir notamment George Ainslie), aux théories des émotions (notamment à leur mobilisation en économie, avec Robert H. Frank), mais aussi à la littérature (Jonathan Swift, Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau, Robert Louis Stevenson, Fernando Pessoa). Une éthique pour agent faible n’est une éthique que pour autant qu’elle est articulée à une connaissance morale. Indépendamment de cette connaissance, elle n’a rien de spécifiquement éthique et consiste en l’exercice d’une rationalité prudentielle, indistincte de celle qui est l’objet de l’économie ou des sciences administratives et de gestion (s’agissant des solutions pratiques et en particulier des techniques d’engagement, cette éthique s’inspire des vues de Herbert Simon sur la temporalité des choix organisationnels). On peut définir les agents faibles comme des agents dont les jugements moraux ou prudentiels ne peuvent efficacement influencer leurs choix que par la modification des contextes de ces choix.

Décision, Bien-être, Confiance, Engagement

         Le projet "Décision, Bien-être, Confiance, Engagement" associe les compétences d’économistes et de philosophes de PHARE sur des thématiques communes aux deux disciplines allant de la décision, de ses déterminants et de l’évaluation des positions qui en résultent, vers les modalités de sa mise en œuvre à travers la question de l’engagement.

 

1. Décision et bien-être individuels : quelle histoire ?

        L’élaboration d’une histoire des théories de la décision et du bien-être individuels, déjà amorcée lors du précédent contrat, se poursuit en mettant en évidence l’existence de ruptures au sein d’une trajectoire que la littérature présente couramment comme linéaire, allant vers un progrès supposé sans contrepartie qu’aurait introduit le marginalisme. Il s’agit au contraire de montrer que les représentations qui s’imposent de la naissance du marginalisme au milieu du vingtième siècle constituent une parenthèse, évidemment féconde, qui a interrompu un foisonnement analytique à l’œuvre chez plusieurs auteurs prémarginalistes, foisonnement qui se poursuit aujourd’hui dans l’ignorance de ses racines historiques. C’est cette continuité historique et les potentialités théoriques des constructions anciennes que l’on se propose ici de restituer.

 

2. Engagement et confiance

       Confiance et engagement ont en commun d’avoir sollicité une attention pluri-disciplinaire. La présence au sein de l’unité de philosophes et d’économistes permet de confronter les points de vue sur ces notions dans une perspective historique, conduisant en particulier à s’intéresser aux philosophes et économistes du XVIIe et XVIIIe siècles. 

 

 

3. Les six opérations du projet

       Le projet Décision, Bien-être, Confiance, Engagement combine les opérations suivantes :

[A] Mécanismes décisionnels : ceci recouvre des questions que l’on peut repérer avec l’émergence de l’utilitarisme classique avec l’œuvre de Bentham, mais également chez des auteurs antérieurs, particulièrement au sein des Lumières écossaises, tels que Hume ou Smith : le rôle des sensations de plaisir et de peine ; l'existence d'une sensibilité asymétrique ; la dépendance à la référence ; la prise en compte des probabilités dans les décisions dans le risque, etc.).

 

 

[B] Evaluations en termes de bien-être : là encore, la tradition utilitariste a conduit à assimiler évaluation décisionnelle (une fonction d’utilité, par exemple) et évaluation positionnelle (le bien-être individuel). Cependant, les auteurs habituellement considérés comme pré ou non utilitaristes incitent à envisager la possibilité d’une divergence entre l’une et l’autre (c’est le cas, typiquement, chez David Hume) sans que cette divergence entraîne par principe une approche non welfariste. 

 

 

[C] Détermination morale des décisions : ceci conduit à envisager tant les différentes variantes de l'utilitarisme que des mécanismes qui lui semblent étrangers, comme celui de la sympathie ou, chez Smith par exemple, dans le processus qui conduit d'un spectateur réel à un spectateur imaginaire, le spectateur impartial, qui se révèle susceptible d'orienter des décisions individuelles.

 

 

[D] Thomas Reid : Il s’agit d’introduire Thomas Reid dans les classiques de l’épistémologie des sciences sociales aux côtés de Hume et de Smith, en explorant les symétries et dissymétries entre le problème de la confiance dans le champ de l’action et des interactions et son interrogation sur la confiance dans les pouvoirs de l’esprit (l’appui de toutes les activités cognitives, y compris les opérations sociales de l’esprit, sur des croyances de base ; la discussion entre scepticisme et philosophie du sens commun).

 

 

[E] Confiance et contrat : Autour de la notion de confiance pratique, on entend faire se rejoindre l’histoire du contractualisme que pratiquent les historiens de la philosophie morale et politique et celle des historiens de la pensée économique, en montrant comment la variété des positions occupées notamment par Hobbes, Locke, et Hume exprime non seulement des divergences profondes au sein de la pensée contractualiste, mais aussi des solutions différentes à un même problème de la confiance interpersonnelle ou à l’égard des institutions.

 

 

[F] Faiblesse et engagement : Dans le champ de la philosophie morale et de la philosophie économique contemporaines, l’objectif de cette opération est de développer une éthique pour agents faibles, entendus comme des agents qui sont appelés à la défiance à l’égard d’eux-mêmes autant qu’à celui des autres, parce qu’ils ont des difficultés majeures de nature constitutionnelle à faire face aux exigences exprimées dans la plupart des traditions de la pensée morale. Une de ces exigences est celle d’un contrôle de soi complet et synchronique, connu sous le nom de « libre-arbitre » ou d’autonomie. Une autre exigence est celle de la cohérence avec soi-même à travers le temps. Afin d’éclairer ce que Montaigne appelle l’inconstance des actions, cette recherche emprunte des questions et des modèles à l’économie (choix intertemporel ; contrôle par anticipation, dans le sillage de Thomas Schelling et Jon Elster), à la psychologie (biais temporels – voir notamment George Ainslie), aux théories des émotions (notamment à leur mobilisation en économie, avec Robert H. Frank), mais aussi à la littérature (Jonathan Swift, Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau, Robert Louis Stevenson, Fernando Pessoa). Une éthique pour agent faible n’est une éthique que pour autant qu’elle est articulée à une connaissance morale. Indépendamment de cette connaissance, elle n’a rien de spécifiquement éthique et consiste en l’exercice d’une rationalité prudentielle, indistincte de celle qui est l’objet de l’économie ou des sciences administratives et de gestion (s’agissant des solutions pratiques et en particulier des techniques d’engagement, cette éthique s’inspire des vues de Herbert Simon sur la temporalité des choix organisationnels). On peut définir les agents faibles comme des agents dont les jugements moraux ou prudentiels ne peuvent efficacement influencer leurs choix que par la modification des contextes de ces choix.

Responsables du programme :

 

Laurent Jaffro

Laurie Bréban

 

Informations et contact :

 

Opens window for sending emailLaurent Jaffro

 

Opens window for sending emailLaurie Bréban

 

Membres statutaires du programme :

 

Jean Dellemotte

André Lapidus

Nathalie Sigot

 

 

Chercheurs associés du programme :

 

Carla Bagnoli (Oslo)

Christophe Depoortère

Daniel Diatkine

Vinicus França

B. Gide (CHSPM)

Christian Schmidt

 

Doctorants :

 

Jacopo Domenicucci

Jérôme Lange

Ecem Okan

Thomas Ruellou

 

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