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PHARE » Le laboratoire » Présentation

Présentation décision et bien-être

Décision et Bien-être en présence d’Autrui : une mise en perspective historique

 

La perception que nous pouvons avoir aujourd’hui de l’histoire des théories de la décision et du bien-être nous invite volontiers à les considérer comme les produits d’un progrès d’abord ininterrompu depuis le XVIIIe siècle, puis différenciant à l’extrême les analyses et les méthodologies depuis quelques dizaines d’années.

 

La phase de progrès s’est accompagnée de bouleversements importants, dont les effets semblent aujourd’hui bien connus : l’irruption décisive du marginalisme, qui inaugura un nouveau mode de compréhension des comportements individuels et conduisit à réviser les conceptions anciennes de la valeur-utilité ; la confrontation d’un paradigme paretien et d’une tradition utilitariste, qui affecta dès le début du XXe siècle tant la théorie de l’utilité individuelle que le traitement des évaluations collectives de bien-être ; la clarification opérée par des axiomatisations qui, à partir des années 1950, touchèrent aussi bien la théorie de la décision individuelle que la théorie du choix social.

 

Mais c’est aussi à partir des années 1950 que l’idée d’un progrès linéaire bien que heurté devint de plus en plus discutable. Alimentés au moins partiellement par l’essor de la théorie des jeux,  le développement de l’économie expérimentale à partir des travaux de D. Davidson et par la confrontation avec la psychologie, on vit émerger une succession ininterrompue de paradoxes, intéressant là encore la décision individuelle et collective, souvent passés à la postérité à travers le nom de leur initiateur (Arrow, Allais, Ellsberg, Newcomb, Gibbard) ou, plus simplement, leur caractérisation (impossibilité du libéral paretien, inversion de préférence, effet de contexte, incohérence temporelle). Comme on le sait, ces paradoxes ne furent pas à l’origine du décès (annoncé, mais encore à venir) de tel champs disciplinaire, mais plutôt d’un foisonnement de réponses analytiques, désormais éloigné du traitement unificateur simple que le début du XXe siècle semblait annoncer.

 

C’est cette trajectoire historique, dans les transformations qui marquent les dernières décennies, qui invite à reconsidérer l’histoire peut-être encore trop lisse de sa première période. Il s’agit, évidemment, d’une période longue et diverse, puisqu’elle court du début du XVIIIe au début du XXe siècle. Toutefois, à travers des représentations théoriques variées, elle conduit à revenir sur les primitives de nos analyses de la décision et du bien-être, tant ces représentations prennent d'emblée en compte la présence d'autrui comme élément constitutif et se trouvent ainsi susceptibles d’alimenter les débats contemporains.

 

D’un point de vue historique, cette investigation devrait prolonger les travaux déjà réalisés par les membres de Phare sur Condillac, Hume, Rousseau, Smith, Condorcet, Bentham, J. Mill, J.S. Mill, Dupuit, Jevons, Menger, Sidgwick, Marshall, Hayek.

 

D’un point de vue thématique, ceci va nous conduire à réexaminer, dans leurs dimensions historique, philosophique et analytique :

 

 

• Les mécanismes décisionnels. Ceci recouvre des questions comme le rôle des sensations de plaisir et de peine ; l'existence d'une sensibilité asymétrique ; la dépendance à la référence ; la prise en compte des probabilités dans les décisions dans le risque ; les déterminants des décisions dans le temps ; les liens entre l'intentionnalité et les états mentaux ; les rôles distincts de la volonté et de l'opinion, chez des auteurs comme Hayek.

 

• Les évaluations individuelles et collectives en termes de bien-être. Il s'agit des relations entre décision et bonheur, envisagées à travers leurs évaluations et les mécanismes qui régissent leur identification.

 

• La prise en compte d'autrui dans les décisions individuelles. Elle se manifeste notamment, dans les mécanismes qui guident la coordination et conduisent à la coopération. Historiquement, cette prise en compte apparait dans les différentes variantes de l'utilitarisme, mais aussi à travers des mécanismes qui lui semblent étrangers, comme celui de sympathie ou, chez Smith par exemple, dans le processus qui conduit d'un spectateur réel à un spectateur imaginaire, le spectateur impartial, qui se révèle susceptible d'orienter des décisions individuelles.

 

 

Informations et contact :

Opens window for sending emailAndré Lapidus

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